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  B'H - Parachat 'Houkat - Balak - 
 


Parachat 'Houkat - Balak



Un miracle pendant l'exil

(Discours du Rabbi, 12 Tamouz 5716-1956)

Celui qui est couché
1. Commentant le verset de notre Paracha: " Il s'est courbé et s'est couché comme un lion ou un lionceau, qui pourrait le relever ? ", le Midrach explique: " Selon un avis, on fait ici allusion à l'époque s'étendant du roi Tsidkyahou au roi Machia'h ".
En effet, c'est à l'époque de Tsidkyahou que le Temple fut détruit et que l'exil commença. Soixante dix ans plus tard, le second Temple fut bâti, mais l'exil demeura, puisque cinq éléments figurant dans le premier Temple en étaient absents. La délivrance n'était donc pas complète.
Ainsi, la période s'écoulant depuis l'époque du roi Tsidkyahou jusqu'à la venue du Machia'h est celle pendant laquelle " il s'est courbé et s'est couché ". D'après l'avis rapporté par le Midrach, tel que l'interprète le Tséma'h Tsédek, cette expression doit être rapprochée des versets suivants: " Il s'est couché et s'est endormi ", " sur ma couche, pendant les nuits ", " il n'est pas mort, mais a dû rester couché ". Toutes ces situations décrivent la période de l'exil.
On pourrait penser que l'exil porte non seulement sur le corps, mais aussi sur l'âme, de même que sur la Torah et les Mitsvot que l'on met en pratique par la force de son âme.
Le même verset affirme donc que, certes, " il s'est courbé et s'est couché ", mais une telle position n'est pas celle d'un homme épuisé. Elle émane, en l'occurrence, d'une limite que celui-ci s'impose délibérément, car il est bien " comme un lion ou comme un lionceau ", se caractérisant le premier par sa puissance et le second par une force accrue. Le Zohar dit que " le lionceau se distingue par sa grande vigueur ".
Ainsi, même quand Israël " s'est courbé et il s'est couché ", cela ne signifie pas que les nations du monde peuvent le dominer, ce qu'à D.ieu ne plaise. Malgré tout, les Juifs restent " comme un lion et comme un lionceau ". Et, " qui pourrait le relever? ", tout comme il est dit: " Qui a révélé ce secret à Mes enfants " et " Qui fera que leur cœur Me craigne? ". D.ieu Lui-même le fera et, par analogie, D.ieu Lui-même " pourra le relever " et nous libérera de l'exil, ainsi qu'il est dit: " Qui donnera, de Sion, le salut d'Israël? ".
Pour autant, avant même que D.ieu nous relève, nous ne pouvons considérer que nous sommes dominés par les nations, ce qu'à D.ieu ne plaise, car Israël reste " un lion et un lionceau ", que nul ne peut juguler.
De fait, le Choul'han Arou'h stipule qu'il est inconcevable de maîtriser un lion ou un lionceau. En conséquence, précise-t-il, il n'est pas certain qu'il soit possible de les dompter .
La situation de l'exil n'a aucune justification logique. Mais, on doit la vivre " contraint par la Parole de D.ieu ", de sorte que le lion et le lionceau courbent le flanc et se couchent.
On peut en conclure que l'exil n'entre nullement en ligne de compte pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, à propos desquelles il est dit que " D.ieu prononça toutes ces Paroles ".

2. Néanmoins, nous sommes accoutumés à l'exil et c'est la raison pour laquelle " nous ne voyons pas les miracles qui surviennent pour nous ".
De fait, des miracles se déroulent encore, à l'heure actuelle, mais nous n'y prenons pas garde et " celui à qui survient un miracle n'en a pas conscience ".
L'obscurité de l'exil prête à penser que le monde est enfermé dans les mécanismes de la nature. Du reste, Olam, le monde, est de la même étymologie que Elem, le voile. En conséquence, le monde se rend maître du lion et du lionceau. C'est pour cela que, de temps à autre, D.ieu accomplit des miracles évidents, malgré cette période de l'exil. A notre époque, l'un de ceux-ci, dont la portée est globale, fut la libération du 12 et 13 Tamouz. Ainsi, il peut être clairement établi, même en exil, que " il n'est rien d'autre que Lui ".
C'est la raison pour laquelle, disent nos Sages, " le Saint béni soit-Il envisagea tout d'abord de créer le monde par l'Attribut de rigueur. Il constata que celui-ci ne pourrait se maintenir. Il lui associa donc l'Attribut de miséricorde ". Le Chaar Hay'houd, seconde partie du Tanya, précise que cette association prend la forme de " la révélation divine qui est obtenue par l'intermédiaire des Justes, des miracles et des merveilles dont la Torah fait état ".
Ces miracles font voler en éclat les limites du monde, afin que l'on puisse constater, de ses propres yeux de chair, que celui-ci a bien un Dirigeant.
En ayant conscience de tout cela, on se souviendra également que les Juifs, en toute situation, sont des lions et des lionceaux et que, pour tout ce qui concerne leur âme, la Torah et les Mitsvot, ils ne sont en aucune façon soumis à l'exil.

Pour contrer Bilaam et Amalek
3. Certains commentateurs établissent une relation entre Bilaam et Amalek. Et, l'on peut trouver une allusion à cette relation dans le fait que, si l'on écrit ces noms sur deux lignes, Bilaam sur la première et Amalek sur la seconde, on retrouvera dans la partie droite de ces deux lignes, le Beth et le Lamed de la première, le Aïn et le Mêm de la seconde, qui forment, de nouveau, le nom de Bilaam. Dans la partie gauche de ces deux lignes, le Aïn et le Mêm de la première, le Lamed et le Kouf de la seconde permettent de reconstituer le nom d'Amalek.
Comment se débarrasser de l'emprise négative qu'exercent Bilaam et Amalek? Grâce à l'amour et à la crainte de D.ieu. En effet, si l'on écrit ces mots sur deux lignes, Irea, la crainte, sur la première, Ahava, l'amour sur la seconde, on retrouvera dans la partie droite de ces deux lignes, le Youd et le Reïch de la première, le Alef et le Hé de la seconde, qui forment Irea, la crainte. Dans la partie gauche de ces deux lignes, le Alef et le Hé de la première, le Beth et le Hé de la seconde constituent le mot Ahava, amour.
On peut donner, à ce propos, l'explication suivante.
Amalek put lutter contre les enfants d'Israël parce qu'il était un descendant d'Esav. Il se prétendait donc également un parent d'Its'hak et d'Avraham. Il considérait, en conséquence, qu'il avait son mot à dire pour tout ce qui concerne la Torah et le domaine de la Sainteté.
De ce fait, on lui permit de s'approcher et, dès lors, il apparut clairement que son but était de se révolter contre D.ieu. C'est ainsi que l'on peut expliquer tout ce qui est arrivé, à l'époque.
Or, il en est de même pour Bilaam. Le traité Sanhédrin 105a nous dit qu'il était un descendant de Lavan, qui a dit: " Les filles sont mes filles, les fils sont mes fils et tout ce que tu vois m'appartient ". Celui-ci est donc également lié au peuple d'Israël, qui fut constitué à partir de ses filles.
Il y a là un enseignement pour chaque époque.
Lorsque quelqu'un formule une affirmation qui va à l'encontre de la Torah et des Mitsvot, même s'il présente un acte de naissance certifiant qu'il est bien un descendant d'Its'hak et d'Avraham, un certificat attestant qu'il est à l'origine de tout le peuple juif, on doit lui répondre: " Nous ne pouvons nous en remettre qu'à notre Père Qui se trouve dans les cieux. Et, la Torah est le seul critère que nous prenons en compte ".
Peu importe donc la filiation ou tous les autres éléments. Seule la Torah nous permet de trancher. Ce qui est conforme à ses enseignements est le bien. Ce qui s'en écarte peut être le fait de Bilaam ou d'Amalek. Et, ce qui contredit la Torah ne nous concerne en aucune façon.
Mais, pour déterminer ce qui est réellement conforme aux enseignements de la Torah, il faut parvenir à se défaire de tout orgueil. Si on ne le fait pas, on est incapable de dire si l'on refuse une explication que l'on reçoit de quelqu'un parce que celle-ci est contraire à la Torah ou bien parce qu'elle heurte son propre orgueil.
Il faut donc concentrer tous ses efforts pour craindre et aimer D.ieu, d'abord pour Le craindre, puis pour L'aimer, dans l'ordre précédemment cité, lorsque ces mots sont écrits sur deux lignes. Le Tanya explique que la crainte est " le début du service de D.ieu, son aspect essentiel et sa source ".
On doit, en conséquence, se préparer à acquérir l'amour de D.ieu, qui est à l'origine de toutes les Injonctions de la Torah et la crainte de D.ieu, qui est la source de toutes ses Interdictions, comme l'explique le 'Hinou'h Katan, l'introduction de la seconde partie du Tanya, qui montre aussi l'importance de ces deux sentiments dans l'éducation. Celui qui a conscience de son propre manque, dans ce domaine, et qui mieux que l'homme lui-même connaît ses propres défauts, peut donc former sa propre personnalité, en y mettant en éveil l'amour et la crainte.
C'est ainsi que l'on peut se protéger d'Amalek, le descendant d'Avraham et Its'hak et même de Bilaam. En effet, nos Sages disent qu'aucun prophète, en Israël, ne put être l'équivalent de Moché. Parmi les autres nations, en revanche, Moché eut bien un équivalent, qui fut précisément Bilaam. Certes, le Sifri le compare à un boucher. Il n'en reste pas moins que la Torah le compare à Moché.
Malgré tout cela, le Juif le plus simple, s'il s'emploie à craindre D.ieu, puis à L'aimer, ne doit redouter ni Bilaam, ni Amalek.

Un parapet

(Discours du Rabbi, Chabbat Balak 5716-1956)

4. Bilaam dit, dans sa prophétie, " je le vois du sommet des rochers et je l'observe dans les plaines ". Les " rochers " font allusion aux Patriarches, alors que les " plaines " désignent les Mères d'Israël, ainsi qu'il est dit: " La voix de mon Bien Aimé bondit sur les montagnes et saute sur les plaines ".
Nous avons établi, le 12 Tamouz, que Bilaam était un descendant de Lavan. Il est défini, en effet, comme " le fils de Béor " ou bien son petit-fils ou, en tout cas, son descendant. Or, il est dit aussi que " Béor, c'est Lavan ".
Lavan affirmait: " Les filles sont mes filles. Les fils sont mes fils ". Pour supprimer cette prétention, il fallait que l'un de ses descendants reconnaisse que " je le vois du sommet des rochers et je l'observe dans les plaines ", les " rochers " étant les Patriarches et les " plaines ", les Mères d'Israël.
On peut en conclure que la revendication, par Lavan, des fils et des filles de Yaakov était, d'un certain point de vue, fondée. Si ce n'était le cas, la Torah n'en aurait pas fait mention et l'intervention de Bilaam, son descendant, pour la faire disparaître, aurait été inutile.

5. Comment comprendre l'affirmation de Lavan selon laquelle " les filles sont mes filles, les fils sont mes fils " ?
L'âme s'introduit dans le corps et entre en contact avec la matière afin de lui apporter l'élévation. Néanmoins, il est dit que " celui qui se mesure à un homme perverti le devient lui-même ", au moins de manière passagère, ainsi qu'il est dit: " Je t'ai abandonné pendant un court instant ". Il y a bien là une chute, même si l'on en est libéré par la suite. En effet, on se trouve alors en prise directe avec la matière du monde et sa grossièreté. De ce fait, on se sépare de D.ieu.
De fait, seul un esprit de folie permet à un homme de se séparer de D.ieu, même pour un court instant. S'il n'intervenait pas et que la démarche de l'homme émanait uniquement de la rationalité du domaine de la sainteté, ou même de la rationalité tout court, la logique la plus élémentaire suffirait pour établir que le fait de se détacher de D.ieu, même pour un très court instant, n'a pas de sens. La perte qui en résulte ne pourra jamais être retrouvée. Le Tanya explique précisément cette idée, en soulignant que cet instant transcende le temps.
Bien plus, une telle attitude a également une incidence sur la suite, comme l'explique le Tanya. En effet, celui qui se sépare de D.ieu en considérant qu'il pourra, par la suite, rattraper une telle situation, prétend, en d'autres termes, que " je fais une faute et je me repentirai ensuite ". Nos Sages disent qu'en pareil cas, " on ne lui donne pas les moyens d'accéder à la Techouva ", de sorte qu'un effort particulier sera nécessaire de sa part, pour la réaliser.
En conséquence, dit Lavan, " les filles sont mes filles, les fils sont mes fils ". Dès lors qu'un contact avec la matière est nécessaire, il faut, au moins pour un court instant, se séparer de D.ieu et, bien plus, accepter ce qui en résultera par la suite. Telle est la prétention de Lavan.
La vérité est toute autre. Celui qui réalise une action matérielle avec une intention divine, celle de bâtir pour D.ieu un Sanctuaire ici-bas, dès lors que son contact avec le monde est orienté vers cet objectif, connaîtra, même pendant ce court instant, non pas la chute, mais bien l'élévation. Bien plus, Bilaam lui-même, un descendant de Lavan, qui était borgne, put, malgré cela, affirmer que " je le vois du sommet des rochers et je l'observe dans les plaines. "

6. Ce qui vient d'être dit délivre un enseignement qui concerne le service de D.ieu.
Certains prétendent que l'âme est descendue dans un corps physique et, y compris d'après la Torah, elle doit alors entrer en contact avec la matière. N'est-il pas une Mitsva et une obligation de subvenir aux besoins des membres de sa famille? Il faut donc se préparer à adopter une activité professionnelle, réaliser tous les préalables nécessaires pour le faire avec la plus grande efficacité.
Bien plus, la 'Hassidout elle-même commente le verset: " L'Eternel ton D.ieu te bénira en tout ce que tu feras " et elle explique qu'un acte concret est nécessaire, que les influences astrales ne suffisent pas. Il faut donc agir, en ce monde matériel et inférieur.
Certes, on le fera dans le but de servir D.ieu, car l'opulence matérielle permet de renforcer son étude de la Torah et sa pratique des Mitsvot. Toutefois, pendant un instant au moins, l'action que l'on réalisera sera purement matérielle et identique à celle du non-Juif, ce qu'à D.ieu ne plaise.
On doit donc avoir conscience qu'une telle conception est celle de Lavan, " les filles sont mes filles, les fils sont mes fils ", qui revendiquait la propriété de la matérialité juive.
Mais, en réalité, " je le vois du sommet des rochers et je l'observe dans les plaines ". Il est nécessaire de construire un parapet autour d'une maison nouvelle, comme nous l'avons expliqué dans la causerie du 12 et 13 Tamouz. De même, lorsque l'on quitte les quatre coudées de la Torah et de la prière pour se consacrer aux activités du monde, on doit aussi bâtir un tel parapet et, dès lors, même pendant cet acte matériel, on peut ressentir la motivation divine.
C'est ainsi que " je le vois du sommet des rochers et je l'observe dans les plaines ". Les Pères et les Mères d'Israël étaient totalement soumis à D.ieu, en tout ce qu'ils faisaient. Et, chacun atteint également ce niveau, pendant qu'il met en pratique une Mitsva ou bien en chaque acte qu'il réalise de manière conforme au Précepte: " En toutes tes voies, connais-Le ".
Il en est de même pour l'étude de la Torah, qui est basée sur la rationalité de l'homme. Là encore, un parapet est nécessaire. Nous avons longuement montré la nécessité d'atteindre la cinquantième porte de la compréhension, d'introduire l'éclair de la découverte intellectuelle dans le palais de l'analyse raisonnée. Il faut, à la fois, faire usage de la logique humaine et percevoir la conception profonde des valeurs juives.
De façon générale, que l'on adopte, matériellement, une activité professionnelle ou que l'on étudie la Torah en se servant de sa propre logique, on doit, dans tous les cas, ressentir une motivation céleste. Lorsque c'est effectivement le cas, le court instant lui-même n'est plus une chute. Bien au contraire, il apporte l'élévation, puisqu'il permet de mettre en pratique la Volonté de D.ieu.
 
Horaire d'allumage des bougies de Chabbat
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